Décembre 2025 – Une infection virale touchant les plants d’arachide, connue sous le nom de rosette, s’est répandue dans plusieurs régions du Togo. Cette maladie, transmise par un insecte, entraîne des pertes de rendement importantes et préoccupe les producteurs et les chercheurs.
Selon les observations des agronomes, la rosette était auparavant surtout signalée dans des pays d’Afrique de l’Est. Au Togo, sa présence avait été notée de manière ponctuelle dans la zone de Bassar en 2018, dans le cadre d’une étude scientifique. Depuis, la situation a évolué.
Une propagation géographique étendue sur le territoire
La maladie ne se cantonne plus à une zone limitée. Des signalements proviennent désormais de différentes régions du pays, incluant la région des Savanes, celle de la Kara, les Plateaux et même la région Maritime, avec des cas identifiés près de Kévé.
Dr Banla E. Modom, responsable du programme légumineuses à l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA), confirme cette expansion. « La menace est désormais nationale », indique-t-il, soulignant que la rosette est devenue, avec la cercosporiose, l’une des principales maladies redoutées par les cultivateurs d’arachide.
Un mécanisme de transmission et des symptômes destructeurs
La rosette est une maladie d’origine virale. Le virus est propagé par un insecte qui se nourrit sur les feuilles de la plante. En piquant, l’insecte inocule le virus à l’arachide. Une fois infectée, la plante subit des altérations profondes de son développement.
Les experts de l’ITRA décrivent un processus de rabougrissement : les entre-nœuds de la plante se raccourcissent, son développement végétatif est fortement perturbé. La formation des fruits (les gousses) et des structures reproductrices (ginophores) est entravée par un dysfonctionnement physiologique induit par le virus.
Les conséquences sur le rendement sont directes et parfois dramatiques. Là où un producteur pourrait espérer récolter quatre sacs de cent kilogrammes par unité de surface, les parcelles infectées peuvent ne fournir qu’un sac et demi ou deux sacs. Dans les cas les plus sévères, la perte peut atteindre la totalité de la production attendue.
Des répercussions sur l’alimentation humaine et animale
Les impacts de la maladie dépassent le simple rendement en grains. La filière arachide joue un rôle important dans l’économie rurale togolaise, à la fois pour la consommation humaine directe, la transformation et comme source de revenus.
La baisse de production entraîne une réduction des quantités de graines disponibles pour la vente et la consommation. Un autre effet significatif est la diminution de la biomasse produite par les plants. Les fanes d’arachide sont couramment utilisées comme fourrage pour le bétail. Une récolte faible en grains s’accompagne d’une quantité moindre de résidus végétaux pour l’alimentation animale.
La recherche agronomique mobilisée pour développer des solutions
Face à cette menace phytosanitaire émergente, l’Institut togolais de recherche agronomique a engagé des travaux pour tenter de trouver une parade. L’axe principal de ces recherches est l’amélioration génétique des variétés d’arachide cultivées.
Les chercheurs s’appuient sur la diversité biologique existante au sein de l’espèce. Certaines lignées d’arachide présentent une résistance naturelle au virus de la rosette. Cependant, ces variétés résistantes ne possèdent pas toujours toutes les qualités agronomiques ou technologiques recherchées par les producteurs et les transformateurs, comme une teneur élevée en huile.
À l’inverse, des variétés très appréciées pour leur productivité, comme la variété IS1 appelée localement « Amizi », se montrent sensibles à la maladie. L’objectif des agronomes est donc de combiner les traits favorables par croisement.
« Nous réalisons donc des croisements pour réunir ces atouts et développer des variétés à la fois riches en huile et résistantes à la rosette », explique Dr Banla E. Modom, qui dirige également le Centre de recherche agronomique savane sèche (CRASS).
Ces travaux de sélection visent à créer de nouvelles semences qui allient résistance à la maladie et bonnes performances productives. Des tests en conditions réelles, dans les champs des agriculteurs, sont nécessaires pour évaluer le comportement de ces nouvelles lignées.

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