Le Togo obtient un financement majeur pour sa transition agricole et son ambition de hub agroalimentaire régional

Le Togo obtient un financement majeur pour sa transition agricole et son ambition de hub agroalimentaire régional

Washington, juin 2025 – Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé un financement de trois cents millions de dollars en faveur du Togo. Ce crédit doit aider le pays à moderniser son secteur agricole et à renforcer sa position dans les secteurs de l’agroalimentaire et de l’alimentation animale en Afrique de l’Ouest.

Le programme, structuré sur une période de dix ans, sera déployé en deux étapes successives. La première phase bénéficiera d’une enveloppe de 150,2 millions de dollars, la seconde de 149,8 millions de dollars. Ce financement prend la forme d’un « Programme pour les résultats » (PforR), un mécanisme qui lie le décaissement des fonds à la réalisation d’objectifs concrets prédéfinis.

Un programme visant à transformer l’agriculture de subsistance

Les fonds alloués serviront à soutenir la première phase d’un projet national plus vaste, le Programme de modernisation de l’agriculture au Togo (ProMAT), qui s’étend de 2025 à 2034. L’ambition de ce plan gouvernemental est de faire évoluer l’agriculture pratiquée par de nombreux petits exploitants, souvent tournée vers l’autoconsommation, vers une agriculture davantage connectée aux marchés.

Pour ce faire, le programme prévoit de renforcer les capacités de l’Agence de transformation agricole (ATA), une institution publique centrale dans la mise en œuvre de cette politique. Il entend également étendre à plus grande échelle les Zones d’Aménagement Agricole Planifiées (ZAAP), des périmètres agricoles aménagés et organisés.

Des objectifs chiffrés en matière d’infrastructures et d’emploi

Le programme affiche des cibles précises dans plusieurs domaines. Sur le plan des infrastructures hydrauliques, il vise à développer et à améliorer les services d’irrigation, de drainage et de gestion de l’eau sur une superficie de 7 200 hectares. Une gestion considérée comme durable devra être appliquée sur 50 000 hectares de terres agricoles.

L’impact démographique est également chiffré. Plus de 340 000 agriculteurs devraient bénéficier directement des actions soutenues par le programme. Parmi eux, 114 000 femmes et 102 000 jeunes sont spécifiquement ciblés. Le projet table sur la création de 72 500 emplois, à la fois dans l’agriculture primaire et dans les activités de transformation et de commercialisation associées.

Une approche intégrée mobilisant plusieurs branches du Groupe de la Banque mondiale

Ce projet se distingue par sa conception, qui associe les compétences de différentes entités du Groupe de la Banque mondiale. Fily Sissoko, représentant résident de l’institution pour le Togo, a rappelé que cette demande d’accompagnement émanait des producteurs eux-mêmes, exprimée lors du Forum des producteurs agricoles du Togo (FoPAT).

L’exécution du programme repose sur une collaboration entre trois piliers du groupe. La Banque mondiale proprement dite intervient sur les aspects liés aux politiques publiques et au renforcement des institutions. La Société Financière Internationale (IFC), sa branche dédiée au secteur privé, apporte son expertise pour développer l’agriculture sous contrat et accompagner les entreprises à fort potentiel.

L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), troisième partenaire, fournit des garanties pour faciliter l’accès au crédit commercial. Ces garanties sont particulièrement utiles pour financer l’achat d’intrants comme les engrais et les semences, ou de matériel agricole.

Le rôle central du secteur privé dans cette modernisation

Josiane Kwenda, représentante régionale de l’IFC pour le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Togo, a souligné l’importance d’une mobilisation accrue des investisseurs privés. Selon elle, leur participation est essentielle pour que la modernisation de l’agriculture togolaise devienne un véritable levier de croissance économique et de création d’emplois.

L’action conjointe de l’IFC, de la Banque mondiale et de la MIGA vise à fournir aux agro-industries et aux petits agriculteurs les moyens d’améliorer leur productivité. L’objectif est de les aider à prospérer dans le cadre d’une agriculture moderne et compétitive. La mobilisation de capitaux privés est donc présentée comme un facteur déterminant pour réaliser l’ambition du Togo de devenir un pôle régional dynamique dans le secteur agroindustriel.

Parmi les actions prévues figurent le renforcement des institutions chargées de l’agriculture, l’amélioration de l’accès des petits exploitants à la mécanisation, aux services financiers et aux marchés, ainsi que la promotion de l’investissement privé. Le programme soutiendra également l’accès des producteurs à des technologies et à des pratiques agricoles conçues pour mieux résister aux aléas du climat.

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